L'association créée par Edgar Cayce
Edgar Cayce's A.R.E.
  L'association créée par Edgar Cayce : A.R.E. 
  Association for Research and Enlightenment, Inc
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Les dix premières minutes après la mort


(Causerie organisée à l’Hôpital Cayce, le 30 août 1931)


Tout ce que nous pouvons dire sur les dix premières minutes dans l’éternité, ou plutôt sur les dix premières minutes après la mort (car je pense que nous vivons en fait dans l’éternité), est naturellement très spéculatif, à moins que nous ne soyons prêts à accepter les témoignages de ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre, connu la transition.

Laissez-moi vous relater un événement récent qui me fit réfléchir à la question. Je me rendais en train dans l’État du Kentucky. Le jeune homme assis à côté de moi m’expliqua : « On vient de me ramener à la vie. Avant-hier je me suis noyé à Virginia Beach. Mon frère, lui, n’a pu être ranimé. Il rentre par ce même train, mais dans un cercueil. »

Je vais essayer de vous communiquer sa mésaventure telle qu’il me la rapporta. Il était à bout de forces et sentait qu’il allait mourir. Comme il coulait, épuisé, il remarqua que c’était l’eau la plus bleue qu’il eût jamais vue. Tout paraissait extrêmement bleu. De façon étrange, il était conscient de la présence de sa mère. Celle-ci l’exhortait à faire encore un effort. Il savait pourtant qu’elle ne se trouvait pas dans l’eau, puisqu’elle était enterrée au Kentucky. Son angoisse disparut. Après cela, il perdit connaissance.

Le jeune homme ne se rappelait rien de ce qui arriva ensuite. Il ne s’aperçut même pas qu’on le tirait hors de l’eau. À mon sens, voici le point le plus intéressant de son histoire : ainsi qu’il le souligna, il n’existe pas de différence entre l’expérience physique vécue et l’expérience invisible, à part que le monde invisible — pour nous — n’est pas peuplé comme le monde visible. Quand une personne décède, elle sait qu’elle est passée de ce que nous appelons la vie à ce que nous appelons la mort. Il n’y a pas de peur lors de la transition s’il n’y a pas eu de peur dans la vie.

Je voudrais vous parler à présent d’une situation dont j’ai moi-même fait l’expérience. Elle illustre, me semble-t-il, ce qui se produit au moment de la mort. Alors que j’entrais dans l’état inconscient pour effectuer une lecture, je me rendis compte que je quittais mon corps. Je vis devant moi une ligne droite étincelante, un rayon de lumière blanche. Partout ailleurs, il y avait du brouillard et de la fumée. De nombreuses formes vagues me suppliaient de les aider et de venir les rejoindre. À mesure que je suivais le rayon de lumière, l’environnement s’éclaircissait. Les formes devenaient plus distinctes. Elles continuaient toutefois à m’appeler, s’efforçant de m’écarter de mon chemin et de me détourner de mon but. En restant sur l’étroit sentier qui s’allongeait devant moi, j’arrivai bientôt en un lieu où les formes étaient simplement des ombres désireuses de me prêter assistance. Elles m’encourageaient à avancer, sans tenter de m’arrêter. Puis les formes se précisèrent. Elles paraissaient vaquer à leurs occupations. Si elles faisaient attention à moi, c’était surtout dans le dessein de me stimuler. Finalement, je parvins à une colline au sommet de laquelle un temple était bâti. J’y pénétrai et me trouvai dans une vaste salle ressemblant beaucoup à une bibliothèque. Elle contenait des livres où figuraient les activités de chaque individu. Je n’avais plus qu’à consulter le volume correspondant à la personne pour laquelle je venais chercher des informations. Je dois dire, comme Paul : « J’ignorais si j’étais vivant ou mort. »[1] Néanmoins, l’expérience était bien réelle.

Dans quel état Jésus trouva-t-Il la fille de Jaïrus lorsqu’Il fut introduit dans sa chambre ? Il ne permit, nous nous en souvenons, qu’à trois de Ses disciples et aux parents de l’enfant de L’accompagner. Quand Il saisit la fillette par la main et lui ordonna de se lever, elle reprit vie.[2] D’où revenait cet être ? Son corps physique était resté allongé là tout le temps, mais où se trouvait l’âme à laquelle Jésus s’adressa ? Avait-elle quitté le corps ou était-elle simplement en attente ? En parlant de Lazare, Jésus dit : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. » Et Ses disciples répondirent : « S’il dort, il sera guéri. » Alors Jésus leur annonça ouvertement que Lazare était mort. Par conséquent, son âme devait être partie. Il y a dans l’histoire de Lazare une leçon sur la façon dont nous construisons notre existence, sur la façon dont nous sommes appelés et sur la façon dont l’âme se tient pour un temps à proximité du plan terrestre.[3]

Dans une lecture, nous avons reçu l’information suivante : « Cette entité ne s’est pas encore aperçue qu’elle avait quitté la terre ou qu’elle était morte. » Et dans une autre : « Cette personne vient juste de se rendre compte qu’elle a laissé le plan terrestre. » Elle venait donc seulement de prendre conscience de l’entre-deux-mondes ou de la zone limite.

Lorsqu’une âme abandonne le corps physique, elle continue de croître, si durant la vie terrestre elle a développé ce qui lui permet d’être maintenant en présence des forces créatrices. L’apôtre Paul déclara : « Le fait de quitter ce corps signifie pour moi aller demeurer auprès du Seigneur. »[4] Nous devrions tous partager cette conviction. Si nous avons l’assurance d’être avec le Seigneur au moment de la transition, nous n’avons rien à craindre à ce sujet.

Essayer de dire à une personne quelle sera son expérience dans les dix minutes qui suivront sa mort, c’est comme essayer de décrire à une future mariée ce qu’elle va éprouver au cours des dix premières minutes après la célébration de son mariage. Nul ne ressentira la même chose, car les circonstances seront propres à chacun. Il est cependant possible d’affirmer qu’après la transition appelée mort, notre âme possédera les qualités acquises sur la terre. Tout dépendra par conséquent de la manière dont nous vivons jour après jour ici-bas, de la manière dont nous utilisons nos facultés et nos talents.

Entrer dans l’au-delà revient, en quelque sorte, à passer dans une autre pièce. Jésus mentionna : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. »[5] Il nous appartient de meubler notre pièce dans la demeure qui nous attend. La façon dont nous l’aménageons sera notre première expérience en nous éveillant de l’autre côté. Si notre vie est pleine de mauvaises actions, d’égoïsme et de haine, nous rencontrerons alors ces choses comme nous les avons créées. Par contre, si nous menons une vie d’amour pour Dieu et pour autrui, notre récompense sera l’amour quand nous passerons dans l’autre monde.



[1] Cf. 2 Corinthiens 12.2-4
[2] Cf. Matthieu 9.18-26 ; Marc 5.21-43 ; Luc 8.40-56
[3] Cf. Jean 11.1-46
[4] Cf. 2 Corinthiens 5.8
[5] Jean 14.2

 

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