Qu’est-ce qu’une « lecture » ?
(Causerie organisée par le groupe d’études
no1
Réunion ouverte au public
Norfolk, le 6 février 1933)
Qu’est-ce qu’une lecture ?
Il est assez difficile d’expliquer une chose qui fait
tant partie de moi. C’est comme si je devais vous dire
à quoi ressemble mon visage : je peux aisément
vous montrer celui-ci, mais j’aurais plus de mal à
vous le décrire.
Je pourrais rapporter quelques-unes de mes expériences
ou de mes pensées au sujet des lectures. Pour définir
ces dernières, toutefois, il me faut recourir à
ce que d’autres en ont dit. Je peux également me
référer à ce que j’ai appris en observant
les changements qui se sont produits dans l’esprit de
personnes ayant obtenu des lectures.
Je n’exagérerais sans doute pas en disant qu’au
cours des trente et une dernières années, je me
suis trouvé plus de vingt mille fois dans un état
inconscient (état dans lequel je donne les lectures).
Je n’ai moi-même entendu aucune lecture. De quelle
manière puis-je donc vous en décrire une ?
Des personnes n’ayant pas eu l’occasion d’assister
aux lectures m’ont posé la question suivante :
« Comment savez-vous que vous donnez une lecture ? »
Je ne l’ai jamais su et je ne le sais toujours pas. Je
dois par conséquent croire les témoins de la scène.
La première étape quand j’effectue une
lecture consiste à desserrer mes vêtements —
mes lacets, ma cravate, mes manchettes et ma ceinture —,
afin de ne pas entraver la circulation.
Je m’allonge ensuite sur le divan qui se trouve dans
mon bureau. Pour une « lecture physique » (c’est-à-dire
concernant le corps), je mets la tête au sud et les pieds
au nord. Pour une « lecture de vie », c’est
exactement le contraire, mes pieds sont au sud et ma tête
au nord. La raison de cette différence de polarisation,
comme l’appellent les lectures, je ne la connais pas.
Une fois confortablement installé, je place les deux
mains sur mon front, à l’endroit où les
observateurs m’ont dit que se trouve le troisième
œil, et je prie. Il est intéressant de noter que,
depuis le début, j’ai inconsciemment et instinctivement
adopté les habitudes de ceux qui sont avancés
dans la pratique de la méditation. Le simple fait de
porter mes mains sur le point du front situé entre les
deux yeux est un exemple de ce que je veux dire.
Puis j’attends de recevoir ce que l’on pourrait
nommer « le signal de départ » : un éclair
de lumière blanche, très vive, tendant parfois
vers le doré. Cette lumière est pour moi la preuve
que j’ai établi le contact. Si je ne la vois pas,
je sais que je ne peux réaliser la lecture.
Après avoir vu la lumière, j’abaisse mes
mains sur le plexus solaire. On dit que ma respiration, issue
du diaphragme, devient profonde et rythmée. Au bout de
quelques minutes, mes yeux se ferment (jusqu’ici ils étaient
ouverts, mais voilés). La personne dirigeant la lecture
sait que je suis prêt à recevoir la suggestion.
Elle énonce celle-ci d’une voix lente et claire.
S’il s’agit d’une lecture physique, par exemple,
elle indique le nom du patient, ainsi que l’adresse où
il se trouve à ce moment-là. Puis il y a une pause.
Cette pause est parfois si longue (dit-on) que l’on a
l’impression que je n’ai pas entendu les instructions,
auquel cas on me les redonne. Ensuite, je répète
très lentement le nom et l’adresse jusqu’à
ce que je localise le corps. C’est alors que je commence
à décrire son état et à établir
un diagnostic.
Voilà donc comment je procède. Pendant toute
la durée de la lecture, je suis inconscient. Quand je
reprends conscience, j’ai l’impression d’avoir
dormi un peu trop longtemps. Et j’ai souvent légèrement
faim, juste assez pour un biscuit ou un verre de lait.
Naturellement, chacun s’interroge quant à la validité
des renseignements que je transmets tandis que je suis inconscient.
Elle a été confirmée des centaines de fois
par les résultats positifs obtenus en appliquant les
conseils prodigués dans les lectures. Je pense néanmoins
que le processus dépend, dans une large mesure, de la
confiance que le demandeur place en la source d’information.
En ce qui concerne la source, j’ai évidemment
quelques idées. Ce que j’en dis n’est que
supposition de ma part. Je dois admettre, en effet, que je connais
peu de choses à propos de ce travail que j’accomplis
depuis maintenant trente et un ans. Je ne prétends nullement
détenir un grand savoir. Moi aussi, je tâtonne.
En fait, chacun de nous apprend par l’expérience.
C’est petit à petit que nous acquérons la
foi et la compréhension. Nous ne sommes généralement
pas capables d’assimiler la religion d’un seul coup
: ce serait comme être soufflés par une explosion
de dynamite, alors que nous nous trouvons à mi-hauteur
d’un puits. Nous devons faire nos expériences,
et en tirer des conclusions en comparant la réalité
des choses avec les valeurs spirituelles que nous entretenons
au plus profond de nous-mêmes.
Quand je donne une lecture, il semble que j’accède,
non pas à une, mais à plusieurs sources d’information.
L’une des sources est l’enregistrement qu’un
individu ou une entité a effectué lors de toutes
ses expériences à travers ce que nous appelons
le temps. L’ensemble des expériences de chaque
âme est inscrit dans le subconscient de l’individu,
et aussi dans ce que l’on nomme « les annales akashiques
», « le livre de la mémoire de Dieu »
ou « le livre de la vie ». Peuvent lire ces annales
ceux qui sont susceptibles de s’harmoniser convenablement
avec elles.
Peu de gens réussissent à faire abstraction de
leur personnalité pour permettre à leur âme
de s’accorder à cette source universelle de savoir.
Apparemment, j’ai cette faculté. Je dis ceci sans
vouloir m’en vanter, car je ne prétends pas jouir
d’aptitudes particulières. Je crois très
sincèrement que chacun porte en soi cette même
faculté. Tous les êtres humains, j’en suis
persuadé, possèdent de nombreux pouvoirs dont
ils ne sont pas conscients. Si seulement ils acceptaient de
se détacher de leurs intérêts personnels,
ils pourraient développer les capacités inhérentes
à leur nature spirituelle. Consentiriez-vous, ne serait-ce
qu’une fois par an, à mettre de côté
ou à oublier complètement votre personnalité
?
Certains présument que l’information que je fournis
provient d’un défunt voulant communiquer avec eux,
d’un esprit bienfaisant ou d’un médecin de
l’au-delà. Cela peut arriver à l’occasion,
encore que je ne sois pas médium au sens propre du terme.
Néanmoins, si quelqu’un recherche ce genre de contact
et d’information, je pense que c’est ce qu’il
obtiendra.
On me demande souvent comment j’empêche les influences
indésirables d’altérer le travail que je
réalise. Pour répondre à cette question,
laissez-moi vous conter un épisode de mon enfance. À
l’âge de douze ou treize ans, j’avais lu trois
fois la Bible du début à la fin. Aujourd’hui
je l’ai lue cinquante-six fois. J’imagine que beaucoup
l’ont lue encore davantage, mais j’ai essayé
de la lire en entier une fois pour chaque année de ma
vie. À cet âge tendre, donc, je priais pour être
capable d’aider les autres, en particulier les enfants
malades. Un jour, j’eus une vision qui me convainquit
que ma prière avait été entendue et qu’elle
serait exaucée.
Je crois que ma prière continue à être
exaucée. Et chaque fois que j’effectue une lecture,
j’entre dans l’état inconscient avec cette
foi. Par conséquent, je suis sûr que la source
d’information est divine, sauf si elle est modifiée
par les désirs de la personne recevant la lecture. Bien
entendu, si quelqu’un souhaite ardemment communiquer avec
un membre décédé de sa famille ou avec
une grande âme, le contact sera dirigé dans cette
direction et cela deviendra la source. Ne pensez pas que je
discrédite ceux qui cherchent de cette manière.
Si vous voulez un message de l’oncle Paul, c’est
ce que vous obtiendrez. Si vous préférez dépendre
d’une source plus universelle, vous l’obtiendrez
aussi. « Tout ce que vous demandez, vous le recevrez »
est une épée à double tranchant ; elle
coupe dans les deux sens.